dimanche 1 janvier 2017

De la Démocratie en Amérique

L'élection de Donald Trump n'a toujours pas été digérée. La plupart des journaux américains continuent à le présenter comme un personnage vulgaire dénué de toute culture, machiste et grossier. C'est vrai qu'il a réussi pendant cette campagne à faire des déclarations tonitruantes, souvent outrancières. Pourtant, malgré ses forfanteries sa côte de popularité ne chutait pas. Les Américains ne croyait pas vraiment au personnage Trump. Il avait parfaitement compris le jeu des médias américains. Plus il était outrancier et plus ses paroles était relatée sur l'ensemble du territoire américain et plus il devenait populaire. Hillary Clinton n'a jamais réussi, elle, à séduire le peuple américain. Le parti démocrate avait axé toute sa communication autour de certaines communautés : le LGBT, les noirs, les latinos, les personnes handicapées... il avait juste oublié de s'adresser à la Nation américaine et de rappeler que c'est à la Nation américaine de rassembler tout le monde quelque soit la préférence sexuelle, la couleur de peau, où les conditions sociales. 

N'oubliez pas la devise américaine : "E Pluribus Unum". Donald Trump lui l'avait bien compris. Hillary Clinton fut une très mauvaise candidate. Personne ne comprenait vraiment où elle voulait emmener l'Amérique. Par ailleurs les Américains n'aiment pas les dynasties. Le fait d'élire président l'épouse d'un ancien président n'enchantait pas du tous les Américains. Hillary représentait trop le système. Trump lui, en dépit de ses défauts, représentait beaucoup plus le rêve américain. Même s'il ne vient pas d'une famille pauvre, il a très largement fait fructifier la fortune de son père. Lors des différents meetings et débats télévisés, il semblait indestructible. Il apparaissait beaucoup plus comme un chef, comme un leader, qu'Hillary Clinton. Ne pas accepter le résultat des élections porte atteinte à l'idée même de démocratie. Le fait qu'Hillary Clinton considère avoir gagné parce qu'elle aurait 2 millions de voix de plus est une atteinte impardonnable au système politique américain. Si le président des États-Unis est élu au suffrage indirect par un système de grands électeurs c'est parce que l'Amérique est un État fédéral. Chaque État à une population qui lui est propre. Si la Californie possède à elle seule plus de 50 grands électeurs c'est parce que c'est l'État le plus peuplé des États-Unis. Le Montana lui n'a que 3 grands électeurs. Le suffrage indirect oblige chaque candidat à aller faire campagne dans tous les états même les plus petits. Vous imaginez bien que le sort des homosexuels ou des transsexuelles intéresse moins des états comme le Wyoming ou le Montana que les états de New York ou de Californie. 

Si Trump a connu un tel succès c'est d'abord parce qu'il s'est adressé à cette Amérique profonde souvent oubliée depuis quelques années par le parti Démocrate. Donald Trump sera obligé de mettre de l'eau dans son vin et d'écouter un peu plus ses conseillers. L'Amérique est une grande démocratie dans laquelle la séparation des pouvoirs est effective. le Président ne peut rien décider tout seul. Trump a d'ores et déjà changé d'opinion depuis son élection sur la question, par exemple, du réchauffement climatique. Le personnage Trump tel qu'il est apparu lors des débats télévisés était un rôle de composition dont le but était de distraire et de séduire une grande majorité des Américains. Trump est beaucoup plus nuancé dans la vraie vie. On ne construit pas un empire sans développer un certain nombre de qualités notamment de leader. Nous jugerons Donald Trump sur ses actes. Les élites américaines doivent accepter leur échec. l'Amérique ne peut pas être dominée par une poignée de lobbyistes. il faut redonner le pouvoir au peuple. Il faut restaurer le dialogue entre républicains et démocrates. 

Ce qui est sûr c'est que l'élection de Donald Trump est un désaveu profond pour une Amérique libre-échangiste sans frontière ni limite. le Monde change de peau. il réclame plus de morale, plus d'autorité, plus de nations ce qui n'empêche pas les relations diplomatiques normales. Le président doit d'abord représenter son peuple plutôt que l'intérêt de certaines multinationales. Les multinationales et les banques semblent avoir pris le pouvoir depuis quelques années. Avec l'élection de Donald Trump c'est un retour du politique sur l'économique. Donald Trump à quatre ans pour faire ses preuves. Je prends le pari qu'il sera réélu. Il représente le ras-le-bol des peuples pour le monde actuel. Tant que l'économie l'emportera sur le politique alors nous ne nous en sortirons pas. Nous avons besoin de leaders et Trump en est un. Donnons-lui le temps nécessaire pour faire ses preuves. We Shall See!

lundi 30 mai 2016

Inégalités - Le Silence des Lâches.

Nous vivons dans une époque extrêmement perturbée par une surpopulation grandissante.  En seulement 20 ans notre planète est devenue un village.  Les inégalités se sont accrues dans les populations.  Le climat s'est détérioré d'une façon impressionnante.  L'économie a pris le pas sur le politique. Les banques n'ont jamais eu autant de pouvoir concentrés  entre leurs mains. 



Comment critiquer ce système sans tomber dans une forme de démagogie?  Lorsqu’il m'arrive dans la famille ou avec mes amis de montrer mon inquiétude sur l'évolution de ce système souvent on me rétorque que je n'ai aucune légitimité à critiquer le système puisque j'en fais parti.  On me reproche régulièrement de rouler en BMW, de travailler dans une firme pharmaceutique, de détenir des stock-options et que cela ne m'autorise pas donc à critiquer les abus de la haute finance. Bref n'importe quoi!

 Ce n'est pas parce que on appartient à une classe privilégiée que l'on n'a pas le droit de se soucier des plus précaires.  Ne pas prendre au sérieux les inquiétudes de quelqu'un par rapport à cette dérive financière sous prétexte qu'il est riche n'a pas de sens.  Il n'est pas nécessaire d'être pauvre pour se soucier des plus démunis tout comme il n'est pas nécessaire d'être riche pour soutenir un système extrêmement inégalitaire.

Avec la disparition du christianisme dans nos valeurs occidentales a disparu également toute notion de charité et d'égalité.  Dostoïevski a écrit " si Dieu est mort alors tout est permis"  en s'inspirant du Zarathustra de Nietzsche.  Jamais Nietzsche n'a défendu l'idée qu'avec la mort de Dieu s'accompagnerait la mort de toute morale.  Aussi il n'est pas nécessaire de croire en Dieu pour défendre une morale républicaine ou tout simplement humaine, immanente. 

  En 1942 certains savaient pour les camps de concentration.  Combien ont parlé?  Cela semblait tellement énorme qu'on n'arrivait pas à y croire. On pensait alors qu'il s'agissait de désinformation ou de conspirationisme. 

 Aujourd'hui il est impossible de dénoncer les mésactions des grandes banques américaines sans être immédiatement taxé d'antiaméricanisme primaire. 

 Il ne s'agit pas de dénoncer le capitalisme dans sa globalité.  La démocratie est consubstantielle  au capitalisme.  Elle est née en partie du libre-échange et du libéralisme.  Le capitalisme était une bonne chose quand il était au service de la liberté, du progrès et du travail.  Aujourd'hui le capitalisme est essentiellement financier, il n'investit plus dans le travail, ils spéculent, il investit dans l'innovation qui permettra de remplacer l'homme afin de réinventer de nouveaux esclaves sous la forme de robot.  Ces robots petit à petit remplaceront l'homme et le privera d'un travail et d'un revenu.

Encore une fois il ne s'agit pas de dénoncer la technique ou la technologie mais de dénoncer la façon perverse de l'utiliser. 

 Ce qui caractérise le plus notre époque est peut-être "la démesure".  les Grecs anciens appelaient cela l'"hubris".  L'hubris était le plus grand des péchés car il mettait du désordre dans l'ordre du monde.  Le monde chez les Grecs  était constitué sous la forme d'un cosmos où chaque chose était équilibrée  inscrite dans un ordre global.


Nous assistons aujourd'hui à la mise en place d'un énorme désordre global.  il s'agit bel et bien d'un chaos.  si nous ne faisons rien l'homme sera l'une des premières espèces à disparaître.


Nous avons donc besoin de deux choses urgentes : de l'ordre et de la morale.  si nous ne sommes pas capables de relever ce défi et de mettre un terme aux inégalités et au totalitarisme des banques et du monde financier alors l'humanité plongera en enfer. La fraternité nait de la justice et la justice est forcément égalitaire. 

jeudi 24 septembre 2015

Le prix d'un médicament expliqué à mon voisin de palier



Imaginons que vous pensiez avoir trouvé le remède miracle contre la maladie d’Alzheimer. Le « jus de betterave ». Voilà quelques semaines que vous donnez du jus de betterave à votre grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer et vous avez remarqué une amélioration de sa mémoire et une diminution de sa fatigue.

Première étape dans la naissance d’un médicament : L’intuition, a priori,  qu’une substance aurait un effet bénéfique sur la santé.

 Commence alors la difficulté.

Afin de ne pas passer pour un fantaisiste il va falloir vous armer de patience et répondre déjà un certain nombre de questions afin d’aller plus loin.

Votre grand-mère a-t-elle vraiment une maladie d’Alzheimer ? Pour en être sûr il faudra attendre son décès car le diagnostic formel ne peut se faire que post-mortem. Déjà ça complique la question. Vous comprenez alors que cela peut prendre plus de temps que ce que vous n'avez prévu. Ensuite il faudra vérifier si l’amélioration de votre grand-mère est bien la conséquence de l’absorption de jus de betterave de façon quotidienne. Ensuite il faudra s’assurer que la consommation quotidienne de jus de betteraves ne risque pas d’entraîner des complications qui pourraient être supérieures à l’amélioration supposée.

Avant d’aller plus loin nous devons nous attarder cinq minutes sur la pensée d’Emmanuel Kant et rappeler le fondement de la méthode expérimentale.

Une idée "a priori" ne suffit pas pour dire qu’un phénomène est vrai. Si vous constatez que l’eau bout à 100 °C cela ne suffit pas pour en établir une règle universelle. Pour cela il vous faut connaître les tenants et les aboutissants. Pourquoi l’eau bout elle ? Comment bout elle ? Bout elle toujours à 100 °C ? Ce qui est valable pour l’eau est-il valable pour tous l'huile? Etc. Nous entrons alors dans le champ de l’expérimentation.

En sciences nous avons besoin d’un jugement à « posteriori » et non pas « a priori » pour définir un phénomène scientifique. (Théorie du Schématisme chez Kant)

Revenons donc de notre jus de betterave. L’idée seule que le jus de betterave pourrait être bénéfique dans la maladie d’Alzheimer ne suffit pas.

Vous allez devoir sans doute dans un premier temps faire une expérience sur la souris à condition que vous trouviez des souris atteintes de la maladie d’Alzheimer. Comme la substance en l’occurrence ne paraît pas trop toxique nous allons peut-être pouvoir passer à l’expérimentation chez l’homme directement.

La première expérience que vous devrez faire sera d’évaluer chez des volontaires humains la toxicité du médicament et la bonne dose à absorber quotidiennement pour avoir le maximum de bénéfices et le minimum de risques. Ensuite, et si seulement l’expérience première et probante vous devrez procéder à une étude plus large sur un plus grand nombre de patients en comparant votre jus de betterave avec le traitement existant. Il faudra convenir d’un objectif ou de plusieurs objectifs comme par exemple la survie supplémentaire apportée par le médicament, l’amélioration de la qualité de vie, la toxicité, etc.

Il faudra ensuite que votre médicament démontre son efficacité d’une façon statistiquement significative afin de qu’il reçoive de la part des autorités de santé une « Autorisation de Mise sur le Marché ». Une fois cette autorisation de mise sur le marché obtenue votre jus de betterave devient un médicament.

Pourtant nous sommes loin d’être au bout de nos peines. Une fois l’autorisation de mise sur le marché obtenue il faudra entamer une négociation avec les autorités de tutelle afin d’envisager un prix. Ce prix doit tenir compte du poids de la maladie (fardeau de santé)  sur la santé publique (nombre de malades touchés et durées de traitement) et du coût de développement du médicament par l’inventeur. Une fois qu’un prix est proposé et accepté par les deux parties alors une commission doit établir ce que l’on appelle le "service médical rendu", ce qu’apporte le médicament en qualifiant ce progrès d’insuffisant, de faible, de modéré, ou d’important. Ensuite cette commission dite « de transparence » doit statuer sur un degré d’Amélioration du Service Médical Rendu. Quel est le degré d’importance d’amélioration de la santé grâce à ce médicament par rapport à l'existant. Voir Tableau ci-dessous.



Une fois que vous avez réussi à franchir toutes ces étapes (que j’ai volontairement simplifiées) alors vous pouvez espérer commencer à vendre votre médicament et pouvoir en faire la promotion auprès des prescripteurs. Il faut des années, souvent plus de 10 ans entre le moment où on découvre qu’une substance pourrait avoir un effet bénéfique sur la santé et le moment où le médicament est proposé au patient.

Maintenant imaginons toujours que vous avez franchi toutes ces étapes avec votre jus de betterave. Il vous aura fallu de lever des fonds afin de payer les études qui peuvent parfois se chiffrer en centaines de milliers d’euros voire en millions d’euros. Si vous avez la chance d’avoir sur votre compte en banque cet argent pour l’investir alors tant mieux sinon vous devrez faire comme tout le monde, faire appel aux financiers. Ils vous prêteront l’argent avec un très grand sourire mais bien évidemment vous devrez rembourser. En général ils ne se contentent pas de peu et souhaitent avoir des rendements souvent à deux chiffres. Sans cet argent vous pouvez dire adieu à votre jus de betterave aussi génial puisse-t-il être. Il faudra bien évidemment inclure ces coûts dans la négociation de prix si vous ne voulez pas déposer le bilan dès les premières semaines de commercialisation de votre médicament.

Tout cela pour vous dire que lorsque vous achetez un médicament n’imaginez pas que son coût soit celui de la matière première. Quand vous achetez un comprimé ou une gélule et que vous voulez savoir quelle est la part de bénéfices pour le laboratoire n’oubliez pas d’inclure tous ces coûts dont j’ai parlé auparavant qui seront amortis parfois sur plusieurs années de vente de médicaments. C’est pourquoi chaque médicament est protégé pendant 10 ans avec un brevet qui empêche un petit malin de s’approprier du principe actif et de le vendre en s’affranchissant de payer le coût du développement. Je vous invite donc à réfléchir sur le coût des génériques lorsque ce sont des entreprises qui rachètent des vieux médicaments et qui continuent à les vendre très cher alors qu’ils n’ont plus à payer le développement.

Soyez sûrs que l’industrie pharmaceutique contrairement au secteur bancaire n’est pas dans une démarche financière mais de santé. Si ce secteur est florissant c’est parce que la santé est un marché colossal. Le vieillissement de la population et les progrès font que les pays riches consomment de plus en plus de médicaments. Par ailleurs le niveau de formation des personnes qui travaillent dans l’industrie pharmaceutique est très nettement supérieur au niveau que l’on trouve dans les autres secteurs d’industrie. Les rémunérations sont plus élevées ce qui impacte sur les prix. Nous produisons chaque année des dizaines de médicaments majeurs qui changent la vie des patients. Il arrive quelquefois que certains médicaments nuisent à la santé de certains patients. N’y voyez pas toujours la faute de l’industrie. Il y a dans chaque industrie, dans chaque groupe, des éléments plus ou moins bons mais cela relève plus de l’individu que de l’industrie ou du groupe. Vous devez vous focaliser sur les progrès qui ont été réalisés ces 20 dernières années en cancérologie, dans la maladie d’Alzheimer, en cardiologie, en pédiatrie, etc. Savez-vous qu’en 2014 l'Hépatite C peut-être guérie grâce à un nouveau médicament. Il est cher car il a demandé de longues années de développement et une fois que tous les patients seront guéris il n’aura plus de raisons d’exister donc il doit être amorti sur une période plus courte. Rien n’est jamais gratuit…et ce qui est gratuit généralement n’a pas de valeur, généralement...



dimanche 28 juin 2015

Apocalypse ou la revanche du Grec.

Hier un homme était retrouvé en France décapité.  L’homme qui a commis ce forfait serait un salafiste,  un musulman extrémiste. Nous voyons les horreurs de l’État islamique exportées sur notre territoire.  N’importe qui peut comprendre que cet acte de couper la tête un individu relève de la pure barbarie et de la folie. N’importe qui peut comprendre qu’aucune religion ne peut prescrire de tels actes. Pourtant nous voyons une véritable menace dans un certain nombre de pays musulmans avec une radicalisation de l’islam. Un islam que l’on ne reconnaît pas et qui prône la violence et la haine de l’autre. Comment en sommes-nous arrivés là ? Ces hommes seraient-ils des monstres ? Seraient-ils né mauvais ?  A cette question nous avons tous la réponse : bien sûr que non. Ces hommes ont été des bébés innocents qui sont devenus petit à petit extrémistes.  Nous connaissons bien le phénomène des extrémismes à travers l’histoire. Nous connaissons bien aussi les périodes de grande violence. Certains ont même appelé ces périodes de grande violence des « révolutions ». C’est étrange comme le mot révolution à une connotation positive dans l’imaginaire des gens.   Pourtant chacune de ces révolutions s'est terminée par un bain de sang. . Je pense à la Révolution Française, à celle de 1917 en Russie, à la révolution Culturelle en Chine. Ce qui est nouveau cependant aujourd’hui  c’est de voir l’émergence de fondamentalismes religieux.   Les révolutions que je cite précédemment étaient plutôt des révolutions que je caractériserais du terme de « matérialiste ».  On n’y  prônait  plutôt la fin des religions qui étaient assimilées au pouvoir existant.

 Ce n’est pas par hasard qu’émerge aujourd’hui une forme d’extrémisme religieux. Le monde matérialiste dans lequel nous vivons à oublié le devoir des hommes en dehors de toutes croyances religieuses à être solidaires et fraternels les uns avec les autres.  L’ultralibéralisme et ce monde de la finance sont très largement responsables de l’émergence de ces mouvements extrémistes religieux.  Ils sont responsables à plusieurs titres. D’abord parce qu’ils les ont financés afin d’agiter un épouvantail antireligieux. L’idée étant de montrer que toute idée religieuse  mène au fanatisme. Bien évidemment ce monde de la haute finance n’à aucune envie que l’on parle de fraternité et de solidarité. Son rêve secret et de revenir à une époque où se côtoyaient sur la terre deux groupes d’individus : les élus et les damnés de la terre. Les élus étant des dieux et les damnés de la terre étant des esclaves.  N’oublions jamais que le capitalisme est né et a prospéré grâce à l’esclavage. La plupart de nos pays riches tiennent leur richesse et leur développement de cette période obscure de l’humanité. Bien sûr nous avions toujours des bonnes raisons d’envahir les pays que l’on considérait comme non civilisés afin de les piller au nom de la civilisation.  Comme vous pouvez le constater on commet toujours des crimes pour soi-disant un plus grand bien.  Bien évidemment ce sont des foutaises.

 L’arrivée du christianisme,  et quand je parle de christianisme je devrais plutôt parler de l’enseignement du Christ, a gêné terriblement les marchands.  C’est sûr que ce type fils de charpentier qui a proclamé que tous les hommes étaient frères a jeté un pavé dans la mare de tout ce petit monde de pseudo aristocrates qui n’étaient en fait que des privilégiés souvent héritiers des fortunes volées par leurs parents et grands-parents. Je souhaite bien évidemment distinguer l’enseignement du christianisme et l’Eglise.  L’enseignement du christ se fait par la lecture des Évangiles.   Nous n’avons pas besoin de porte-parole ni de représentants de cet homme qui était avant tout un homme.  Je n’ai jamais cru que cet homme était le fils de Dieu.  J’ai toujours pensé que cet homme était un sage est un philosophe.  Seule la philosophie permet de comprendre que nous sommes tous frères et sœurs d’un destin commun.  Seule la philosophie permet de comprendre ce qu’est l’injustice,  le mensonge, la mauvaiseté.

 Lorsque Nietzsche à la fin du XIXe siècle déclare  « Dieu est mort » il ne peut en aucun cas faire l’apologie du mal. Il s’attaque avant tout aux dogmes religieux et aux croyances inutiles qui empêchent l’homme d’être heureux ici-bas.   Nietzsche a très bien compris que si vous donnez à manger correctement à tout le monde. Si vous donnez aux gens plus de loisirs et les libérez un peu du travail,  alors ces gens oublieront le ciel pour vivre pleinement leur vie ici-bas.  Quand la vie ici-bas devient si difficile et si pénible que mourir semble une délivrance alors vous comprenez la genèse de l’extrémisme religieux.  Nietzsche appelait « nihilistes » ceux qui se privaient de vivre ici-bas pour espérer un au-delà meilleur. Nietzsche combattait la religion quand elle interdisait les plaisirs du corps et de l’esprit. Les plaisirs du corps et de l’esprit en effet empêchent d’espérer la mort bien au contraire ils la rendent redoutable.

 Avec l’émergence de la mondialisation et la fracture inégalitaire dans le monde il était normal d’observer l’émergence d’un extrémisme religieux. Même si le monde aujourd’hui dans sa globalité et moins pauvre qu’hier les inégalités ne font qu’augmenter.  La dégradation de plus en plus sensible du climat ne peut qu’aggraver la situation. Le monde occidental a contribué à détruire cette planète se fichant pas mal des autres. Encore une fois ce monde occidental à pillé,  volé,  violé  les pays les plus vulnérables sans jamais avoir à répondre de ses actes ignobles. Voici la dette que nous payons aujourd’hui. Je ne parle pas de la dette que nous avons vis-à-vis de ces salopards de créanciers mais bien de la dette morale que nous avons vis-à-vis du monde et des plus pauvres.

 Moi qui suis gérontologue, je ressens cette fracture inégalitaire aussi en France. Je vois combien la vulnérabilité est aujourd’hui considérée comme un poids et non pas comme handicap.  Nous souffrons dans notre société d’un manque pathologique de solidarité.

Si nous ne sommes pas capables dans les 10 ans à venir de changer de paradigme et de revenir vers un monde plus solidaire alors l’espèce humaine disparaîtra rapidement. Tous les anthropologues le savent.  La vie ne peut survenir que grâce à la solidarité. L’espèce humaine n’a pu survivre que grâce à la solidarité. Nous savons aujourd’hui que dans les tribus des hommes préhistoriques, dans ces tribus de chasseurs et de cueilleurs, celui qui revenait bredouille avait le droit de venir à table avec les autres. Un partage se faisait équitablement. Ces hommes au coefficient intellectuel faible en comparaison avec le nôtre aujourd’hui avaient compris qu’il fallait se montrer solidaire car le chanceux d’un jour pouvait être le malchanceux d’un autre jour. C’est par la mutualisation que nous arrivons à nous en sortir.

 Lorsque je vois l’émergence de ces groupes de transhumanistes  conduits par l’idéalisme égoïste de Google je me demande si finalement ils ne me font pas plus peur que les extrémistes religieux de l’État islamique.  En effet ces hommes et ces femmes rêvent d’immortalité.  Ils rêvent d’infini dans un monde qui est fini.  Ils pensent peut-être qu’ils vont pouvoir se débarrasser de tous les pauvres de la terre afin de pouvoir vivre une petite poignée sur une sorte de paradis retrouvé.  Si vous laissez une petite poignée de ces individus là ensemble, ils se tueront jusqu’au dernier.  Je compare ce phénomène un autre phénomène que je connais bien qui est celui d’oncogenèse. 

L ‘Oncogenèse est le phénomène de cancérisation d’une cellule. Pourquoi une cellule décide-t-elle un moment donné de se montrer non solidaire avec le reste de la communauté ? Comment et pourquoi décide-t-elle d’échapper au système immunitaire et de ne plus répondre à la règle générale ? Toujours est-il que ces cellules sont condamnées.  Elles rêvent d’immortalité dans un corps qui lui est mortel.  Elles finiront par se tuer en tuant leur environnement.  Même si je ne suis pas fan de comparer la biologie à la sociologie il n’empêche que la vie et la biologie est un exemple même de solidarité pour ne pas parler de synergie.

 Le monde capitaliste ultralibéral est un cancer.  Il mène à la destruction de notre environnement. Et à la destruction du sentiment de fraternité indispensable à la prospérité de notre espèce.

 Je terminerai en dissociant le religieux de la spiritualité. Malraux disait que le XXIe siècle serait spirituel ou pas.  Je suis intimement persuadé que nous pouvons nous passer de religion pour être heureux ici-bas mais qu’en aucun cas nous ne pouvons nous passer de spiritualité.  La spiritualité, comme le rappelle souvent André Comte-Sponville,  c’est la vie de l’esprit.   L’ultralibéralisme fait tout pour étouffer cette vie de l’esprit en la remplaçant par le divertissement.  Je définirais ma spiritualité par l’amour que j’ai à vivre ici-bas avec mes frères et sœurs humains.  Je me réjouis d’être mortel et je souhaite mourir avant mes enfants.  Je souhaite profiter au maximum de cette vie et passer le flambeau aux générations à venir sans avoir à rougir de l’héritage que je leur ai transmis.  Je suis pourtant très inquiet pour les années à venir car je vois émerger deux monstres.  L’ultra religieux et l’ultralibéralisme.  Je me souviens combien d’intellectuels à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle ont eu peur de voir l’arrivée de deux monstres : le capitalisme et le collectivisme.  Nous avons connu deux guerres au XXe siècle terriblement mortelles.  Je suis terriblement triste de voir que nous n’avons tiré aucun enseignement du passé.  Nous n’avons tiré aucun enseignement de la crise de 1929.  Nos hommes politiques sont tous vendus à la haute finance ou sont impuissants.

  Personne ne peut prédire l’histoire mais j’ai l’intuition que nous sommes à l’aube d’un grand changement. J’espère que grâce à la technique, des ingénieurs arriveront à provoquer des 11 septembre sans mort, en court-circuitant les disques durs de Goldman Sachs et en redistribuant les richesses aux nations les plus pauvres.   J’aimerais voir la panique sur le visage de ses banquiers cyniques.  Nous arrivons à la fin de l’économie telle que nous l’avons connue. Nous devons réinventer la monnaie et réinventer l’économie et les échanges.  Soit les occidentaux arrivent à devenir raisonnables en taxant les flux financiers et en aidant les pays les plus pauvres à sortir de la misère soit l’Occident périra sous les flammes.


 Nous arrivons vers cette période que les Grecs appellent « apocalypse » (révéler ce qui est secret ou caché).  Cette période viendra par la Grèce en sortant  de l’euro et en provoquant une énorme crise financière mondiale qui obligera les hommes politiques à enfin devenir responsables ou à périr la tête au bout d’un pic.

Un hommage à mon Maître Cornelius Castoriadis qui m'a donné la direction quand j'étais étudiant dans les années 80 à Paris. J'aimais parler avec lui et rire. Il me manque et il nous manque.

dimanche 19 avril 2015

Le Mal aujourd'hui.


La question du Mal a été largement débattue par de nombreux philosophes. Ce que l'on peut en dire c'est qu'elle est con-substantielle au Bien. Le Mal n'existe pas seul. Le Mal est au bien ce que le faux est au vrai et l'injuste au juste. Cette question s'inscrit dans la métaphysique. Aucune science ne pourra statuer sur ce qui est bien ou ce qui est mal du point de vue Morale. On peut juste dire ce qui est bien ou mal à un moment donné dans la survenue de tel ou tel phénomène. Ce qui est bien est ce qui permet de prolonger une situation d'équilibre ou d'unité. Ce qui est mal est ce qui apporte une rupture dans un cycle ou dans une continuité. Le Bien est donc associé à une forme de système vertueux qui permet une sensation de bonheur et d'éternité.

Nous voyons bien que depuis quelques années nous vivons dans un environnement de plus en plus anxiogène avec des menaces nouvelles pour l'espèce humaine ou pour des formes de civilisation. Ces menaces sont hétérogènes : économiques, climatiques, politiques, religieuses, etc. Tout semble s'accélérer dans une sorte d'orage dans lequel tout semble s'imbriquer. L'économique interfère sur la Climat qui interfère sur le politique qui interfère sur le religieux. Les peurs engendrent des passions qui ne font qu'aggraver ce sentiment général d'anxiété globale.

Mais quelle est donc cette nature du Mal aujourd'hui? Un de mes maitres à penser, le philosophe Marcel Conche, considérait que le Mal absolu était celui fait aux enfants et notamment celui fait aux enfants lors de la Shoah. Torturer un enfant sans défense, le séparer de sa mère constitue ce qu'il y a de pire en matière de comportement car il va à l'encontre de la logique même de la Vie et qu'un enfant n'a aucune possibilité de se défendre ni même de comprendre ce qui lui arrive. L'enfant fait confiance à la vie et pense que l'Amour est la seule voie. 

Il existe, me semble t'il, depuis l'après-guerre une autre forme de mal absolu qui s'est amplifié avec la surpopulation de la planète. Ce mal absolu a été défini par certains sociologues comme Stanley Milgram comme lié à l'irresponsabilité.  Hannah Arendt en parle ainsi aussi dans ce qu'elle nomme la banalisation du Mal. Cette banalisation du mal consiste à  mesurer le niveau d'obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l'exécute. Nous y sommes tous confrontés au moins une fois dans notre vie pour ne pas dire quotidiennement. La mort des religions a entrainé la mort progressive de la morale. Elle n'a été remplacée par rien. La peur de l'enfer n'inquiète plus personne et le dogme de l'individualisme pour ne pas dire de l'égoïsme n'a fait qu'accélèrer ce phénomène. Le Capitalisme a été un des vecteurs de cette banalisation du Mal. La promotion de la réussite individuelle souvent au détriment de la réussite collective a conduit a l'augmentation des inégalités. Le Libéralisme historique a toujours proscrit la recherche d'un bonheur individuel s'il est nuisible à la Société. Le libéralisme économique n'a retenu de la grande pensée libérale que la notion de liberté individuelle sans contrepartie. La pensée Libérale n'a jamais été le "chacun pour soi". Comme l'écrit le généticien Axel Kahn : "Adam Smith, puis les utilitaristes, après les pères fondateurs du XVIIe siècle pensent que l’homme est égoïste et cupide, mais qu’il faut faire en sorte que cette société d’hommes égoïstes et cupides trouve le moyen de garantir le bien commun." Les libéraux ont toujours pensé que le rôle du politique était de garantir les droits naturels tout en autorisant le libre échange et les libertés individuelles. Aujourd'hui les politiques ont capitulé devant le monde marchands et il n'y a plus de garde fous contre la destruction progressive de toute la société au seul profit du profit et de la volonté de croissance à l'infini.

Lorqu' Alain Finkielkraut écrit en 1987 "La défaite de la pensée" il est un des premiers de la génération 68 à constater la disparition du culturel pour une sous-culture marchande consommable et périssable et ses conséquences terribles sur notre civilisation. Dans les années 60 la fin des avant-gardes marquait déjà le début d’un phénomène de déclin. L'art décide de s'acquitter de l'impératif d'originalité. Tout équivaut à tout. Parler de déclin n'est pas de la déclinologie ou du pessimisme comme on l'entend partout aujourd'hui. Parler du déclin c'est constater un véritable recul factuel de notre économie, de notre climat, de l'atmosphère politique et sociale.

Le principal coupable de cette situation est d'abord l'Homme. L'homme égoïste, cupide et cynique bien décrit par Hobbes. Il n'a rien à envier aux salafistes d'aujourd'hui en matière d'abjection. Il est son image inversé dans le miroir. Il opère secrètement au sein des grandes banques d'affaire ou à la tête de grande multinationale. Son objectif n'est pas le plus grand bonheur pour tous mais l'accumulation infinie d'or ou de dollars sans aucune finalité autre qu'instrumentale. Autrefois, le progrès et la modernité s'accompagnait d'une finalité objective avec comme objectif le bonheur pour tous. Aujourd'hui la finalité n'est qu'instrumentale...l'objectif est d'avoir chaque jour un peu plus...pour avoir chaque jour un peu plus.

Le Mal absolu se trouve dans cette forme de cancer de la société humaine. L'humanité à inventé une chimère, le néo-libéralisme fondamentaliste. L'économie ne sert plus a créer des emplois et à permettre une augmentation du pouvoir d'achat dans le respect de l'environnement et du bonheur pour tous  mais a développer des rendements du Capital pour une poignée d'élus ne profitant que très peu de leur immense fortune. L'or est redevenu une idole. Le fétichisme de l'argent n'a jamais été aussi grand ce qui désespère l'humanité tout entière.  Le pape François l'exprime en 2013 par ces mots : «La peur et la désespérance saisissent les cœurs même dans les pays dits riches»  Les hommes sont riches mais meurent sans avoir été heureux

Nous nous souvenons tous de l'épisode dans la Bible du Veau d'Or. Moïse laisse les hommes quelques jours seuls et quand il redescend du Mont Sinaï avec les Tables de la Loi les hommes avaient déjà érigé un veau d'or qu'ils adoraient. Comme le disait Bergson, il n'y a que peu d'hommes capables de ressentir la mystique de la Morale ouverte. Celle qui consiste à trouver ce qui est bon pour tous. Le mystique chez Bergson est un homme capable de prendre position contre ses intérêts personnels pour un intérêt global au nom de l'amour et de la vérité. C'est l'homme providentiel. Il n'y en a eu que peu dans l'histoire des hommes mais c'est ce qu'il manque aujourd'hui. Ces hommes se sont appelés Socrate, Moïse, Jésus, Mahomet et en politique Montesquieu, Tocqueville, Condorcet, Roosevelt, De Gaulle...Chacun ont résisté à leur façon au Mal en mettant en péril leur propre existence pour un destin plus grand qu'eux. Qui sera l'homme providentiel des années à venir? Personnellement je ne vois personne en devenir. Seul une catastrophe, au sens littéral du terme, fera émerger cet homme. Nous sommes peut-être à l'aube d'une vraie révolution. Celle du Surhumain imaginé par Nietzsche et par Bergson. Un homme capable de se dépasser et de dépasser son propre intérêt pour être véritablement solidaire. C'est ce que j'appelle la Fraternité.

De la Démocratie en Amérique

L'élection de Donald Trump n'a toujours pas été digérée. La plupart des journaux américains continuent à le présenter comme un pers...