lundi 13 juin 2011

Non, le "Moi" n'est plus haïssable Monsieur Pascal.

Combien de fois ai-je entendu dans ma vie la triste question : "Mais pour qui te prends tu"? A l'instar de Jacques Brel dans sa chanson des bourgeois je répondais toujours "Jojo se prend pour Voltaire, et Pierre pour Casanova, et moi moi qui suis le plus fier, moi moi je me prends pour moi". Je pourrai également reprendre ce que dit Brassens dans la "Mauvaise Réputation": "Non, les braves gens n'aiment pas que l'on prenne une autre route qu'eux". Du temps de Blaise Pascal, le "Moi" était haïssable : "En un mot, le moi a deux qualités : il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il veut les asservir : car chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres"
Pourtant avant Pascal il y eut Montaigne qui lui a fait l'apologie du "moi" en scrutant l'"arrière-boutique" comme il aimait à le rappeler et ce bien avant Nietzsche, Schopenhauer ou Freud : "Je ne vise ica qu'à me découvrir moi- même, qui serai par aventure autre demain, si nouvel apprentissage me change " (Essais, I)"
A l'époque de Facebook, de Twitter, de tous les réseaux sociaux, comment peut-on encore haïr autant le moi et je rajouterai, surtout le "moi" des autres? Car ceux qui critiquent le soi-disant exhibitionnisme des usagers de facebook sont souvent des frustrés, des aigris, des misanthropes ne supportant pas de voir d'autres si à l'aise avec leurs "moi".
Oui, j'aime écrire et publier ce que j'écris et être lu, oui j'aime partager mes photos quand je les trouve jolies et intéressantes, oui j'aime enregistrer des chansons et les partager comme j'aime aussi aller en écouter sur Youtube. Non je ne souhaite pas être célèbre, non je ne le fais pas par orgueil ou par hypothrophie ou hypertrophie du moi. Je le fais parce que j'aime le partage. J'aime échanger. J'aime aller lire les blogs des autres, les photos des autres, les chansons des autres. Parfois je vois ou je lis des choses que je trouve intéressante et alors? Je zappe et je regarde autre chose.
Je pense sincèrement être philanthrope. J'aime les gens. J'aime le débat d'idées, j'aime le partage des cultures. Je joue beaucoup avec Facebook, je me mets en scène. 
 L'Homme Post-Moderne se fiche de cette culture culpabilisante qui demande aux plus indigents de filer droit en rajoutant "il n'y a rien à voir". Ne faites pas de vagues, ne vous faites pas remarquer sans quoi le grand Monarque viendra vous rappeler votre place votre rang. Je crois, pour ma part, qu'il est de devoir de chacun de prendre part à la création. Ecrivez, peignez, chantez, faites du sport, de la musique...développez votre esprit critique et esthétique. Apprenez à prendre la parole et sauvons la République de l'Oligarchie ploutocratique en se préappropriant le Bien Public.
 Devenez des femmes et des hommes libres. Exprimez vous, enivrez vous.
Ecoutez la chanson d'Yves Simon bien avant Facebook, il dit beaucoup de choses
Chanson de Yves Simon : Raconte toi  - 1975   et Regarde Moi


3 commentaires:

  1. Très bon article. Je suis d'accord avec toi.

    La grande difficulté consiste à rester soi malgré les critiques infondées que l'on a trop tendance à écouter.

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  2. Le problème est que la pensée, la philosophie a toujours un siècle ou deux d'avance sur la pensée vulgaire. Il y a encore des gens éduqués qui croit en "l'homéopathie" comme ils croient en Dieu. Bref ils sont restés dans la tradition, la pensée magique et la métaphysique des premiers hommes. Savoir lire ne suffit pas encore faut-il être curieux et se poser quelques questions...La question du "moi" comme je le dis est une vieille question. L'avènement des réseaux sociaux et surtout de Facebook a rendu possible à tout un chacun de s'exhiber. Certains ont fui Facebook, par désintérêt, par peur, par ignorance, d'autres ont utilisé ce medium à fond comme un outil de liberté et de partage. La tentation de l'exhibition existe sans doute pour certains et sans doute que pour la plupart ce fantasme disparait assez vite. En revanche, la possibilité de se "raconter" est possible et en se "racontant" aux autres on se "raconte" a soi et on s'accepte peut-être, je dis bien peut-être plus facilement. Car enfin si le moi est haïssable il l'est d'abord pour soi. Comme disait Nietzsche, "heureusement qu'il y a l'autre, sinon ce monologue incessant avec soi serait insupportable". Tout le monde à le droit de publier ses poèmes (sans passer par des maisons d'édition), ses toiles, ses musiques, etc. S'ils trouvent des amateurs de leurs "oeuvres" qui ça peut bien déranger à part les jaloux, les aigris et les frustrés, petits censeurs étriqués de l'âme. Veulent ils vraiment être célèbres? Bien sûr que non. Ils veulent juste être aimés, appréciés afin d'être chaque jour un peu plus heureux d'être ce qu'ils sont et pour supporter leur vie souvent difficile. Un de mes patrons me disait toujours : "Tu écris des poèmes? Tu te prends pour un poète? Tu n'as jamais été publié? Pour qui te prends tu? J'écris d'abord pour moi si ça me chante, j'écris aussi pour être lu afin de pouvoir me jauger mieux et faire des progrès. L'autre est le miroir. Sans miroir, difficile de s’apprêter. Pourquoi s’apprêter? Pour avoir l'impression d'être plus beau que ce que l'on pense être...

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    1. Didier, je suis tout a fait de votre avis et j'ajoute ici : "Empruntant un mot à Stendhal, qui l’a introduit dans notre langue, et le détournant un peu pour mon usage, je dirai que la vraie Méthode de Descartes devrait se nommer l’égotisme, le développement de la conscience pour les fins de la connaissance."
      Valéry, Variété IV
      via Sylvie Tranchant-Rousseau poetesse facebouquienne

      Les blogs sont la ré-invention de l’égotisme stendhalien.
      N'hesitez pas a nous aider, a nous ecrire, a partager votre conscience. Sur Face Book, on grandit ! Merci ! ')
      Catherine Beaufort Auteure

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