lundi 17 octobre 2011

Parfum de Faim du Monde...


Texte que j'ai écrit en 2003. Chaque année, il prend encore plus de sens.


L'occident vieillit. En 2050 les vieux auront tous plus ou moins cent ans, seront tous plus ou moins dépendants, seront tous plus ou moins des femmes... Le Conseil d’orientation des Retraites, créé en 1998 par Lionel Jospin, avait conclu que quatre actions permettraient éventuellement de sauver les retraites par répartition : une augmentation de 50% des cotisations vieillesse des actifs, baisse de 67% des ressources de retraités/actifs – Allongement de l’âge de la retraite de dix années – augmentation de 75% de la population active – Alors que Pierre Mendes-France aimait rappeler que « gouverner c’est choisir », les mesures actuelles prises par nos politiques pour faire face à cette crise ne suivent pas les commissions d’experts qui, une fois de plus, n’auront pas été écoutées. L’heure devrait être au travail et à la hausse des prélèvements, ce n’est pourtant pas le cas.

Malheureusement, en 2050, il n’y aura peut-être plus personne. L’humanité aura tiré sa révérence, exterminée par la pollution, le SIDA, l’ESB, les armes chimiques, les gaz toxiques ou les guerres de religions. Pourtant, en 2003, malgré les avertissements des gérontologues, des sociologues, des écologistes, tout le monde s’en fout. En premier chef, les politiques et les puissants qui dorment tranquilles bien au chaud dans leurs belles maisons entourées de barbelées, surveillées nuit et jour par des policiers payés avec nos impôts.

Pendant ce temps-là, la télévision nous montre paillettes et strass pour nous faire oublier la misère relationnelle dans laquelle on nous a lentement installés.

Cette société est devenue une société de refuges, de sectes, d’intégrismes, de communautarismes et d’Internet qui semble être devenu l’alternative à l’altérité. Pourquoi se connaître mieux alors qu’il est si simple de se parler d’amour sur « meetic » comme dans un parloir de prison. Où sont passés les grands mouvements humanistes et philosophiques? Ont-ils réussi mieux que les autres à se protéger de la décadence? Qui ose prendre son marteau et casser les idoles de ce monde occidental ultraindividualiste ? Zarathustra, ils sont devenus fous!

Sur les murs du métro et dans les hall d’HLM , les tags sont comme les mots du prophète Daniel : « Mene Mene Thekel Upharsin ».

Nos vieux meurent en silence, la démagogie se substitue à la démocratie. Les hommes n’arrivent pas à s’entendre pour diminuer de 6% les gaz à effet de serre. On parle d’une application des accords de Kyoto en 2012. Les experts les plus éclairés nous parlent d’une baisse de 60% de ces gaz dès aujourd’hui pour que peut-être ce siècle ne soit pas celui de la disparition de l’espèce humaine.

De qui se moque-t-on ? Faut-il prendre les armes, rejoindre les terroristes pour que nos enfants et nos petits enfants connaissent la joie et la paix ? J’en appelle à la population, à toutes les classes de la société pour que la langue de bois et la politique de la chaise musicale cessent au profit d’une nouvelle classe d’hommes de pouvoir, courageuse, fraternelle et travailleuse. Mais voilà que je me prends pour le pasteur Martin Luther King ou pour le sénateur Bob Kennedy qui d’ailleurs connurent la même destinée. Ce dernier aimait répeter ce mot de George Bernard Shaw : « You see things, and you say "Why ?" But I dream things that never were, and I say "Why not ?" »

Malheureusement, l’utopie n’a plus de place ici-bas. Le monde est devenu un village, plus exactement un quartier mal famé où les bandes font la loi. Si l’une d’entre elles venait à renoncer à l’égoïsme et à la violence, elle serait immédiatement écrasée par la bande la plus proche. Le monde est lancé dans une spirale infernale. Les hommes riches sont devenus des cellules malignes qui rongent petit à petit l’ensemble de la planète. Je ne vois pas de solution sinon un miracle ou une catastrophe qui ne laisserait que quelques individus qui auront comme seul choix soit de se détruire définitivement soit de reconstruire une nouvelle arche. Vieillissement, Capitalisme sauvage et pollution. Voilà le cancer de l’humanité. La natalité n’est plus tendance…La tendance est aux DINK (Double Income No Kid), à l’égoïsme. Plus d’enfants et plus d’avenir...sinon celui du vieillard. : la mort. Le monde des finances enrichit les riches et appauvrit les pauvres. L'occident crève de ses propres excès, les excès de l'Hybris.

Et comme si cela ne suffisait pas, le monde s’encrasse comme les poumons du fumeur qui lit tous les jours « Attention le tabac tue » et qui continue à prendre du plaisir à tirer sur sa clope. Quelle est donc la nature de ce plaisir qui consiste à se détruire ? La planète est malade de l’homme. Il la maltraite, la pollue, elle, sa mère nourricière. Malgré ce grand désespoir de voir les hommes passer tellement de temps à se gâcher la vie, un espoir demeure, la nostalgie, cette délicieuse douleur d’un temps disparu. La mémoire, voilà notre espoir…Se souvenir pour témoigner, témoigner pour transmettre, transmettre pour ne pas mourir. Quelle est donc la nature de cette maladie de la mémoire que certains qualifient un peu trop hâtivement d’Alzheimer ?

Pourquoi ces charlatans dogmatiques modernes qui s’accaparent le titre de scientifiques veulent-ils tous que nous soyons centenaires ? Pourquoi ces mêmes charlatans laissent-ils nos vieux mourir de faim ou de soif en maison de retraite ? Combien faudra-t-il de morts encore pour que l’on admette que les philosophes, les poètes, les sociologues, les écrivains, les psychologues ont aussi leur mot à dire dans les hôpitaux, les maisons de retraite et dans les banques ? C’est le moment pour eux de sortir des universités et des centres de recherches pour prendre la parole voire la couper lorsque cette parole est accaparée.

Les deux grands trésors de l’humanité sont la connaissance et l’amour. L’amour et la connaissance sont morcelés, éparpillés, divisés. Ne laissons plus les sectes et les religions monopoliser l’amour, ne laissons plus les mamamouchis de la Science avoir la main mise sur la connaissance. L’amour et la connaissance sont le bien commun de l’humanité. Sauvegardons-les.

Il est temps pour les hommes de se solidariser à travers un grand mouvement planétaire. Il est peut-être encore temps de sauver l’humanité, cette humanité qui a faim, faim d’un autre monde.

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