dimanche 28 juin 2015

Apocalypse ou la revanche du Grec.

Hier un homme était retrouvé en France décapité.  L’homme qui a commis ce forfait serait un salafiste,  un musulman extrémiste. Nous voyons les horreurs de l’État islamique exportées sur notre territoire.  N’importe qui peut comprendre que cet acte de couper la tête un individu relève de la pure barbarie et de la folie. N’importe qui peut comprendre qu’aucune religion ne peut prescrire de tels actes. Pourtant nous voyons une véritable menace dans un certain nombre de pays musulmans avec une radicalisation de l’islam. Un islam que l’on ne reconnaît pas et qui prône la violence et la haine de l’autre. Comment en sommes-nous arrivés là ? Ces hommes seraient-ils des monstres ? Seraient-ils né mauvais ?  A cette question nous avons tous la réponse : bien sûr que non. Ces hommes ont été des bébés innocents qui sont devenus petit à petit extrémistes.  Nous connaissons bien le phénomène des extrémismes à travers l’histoire. Nous connaissons bien aussi les périodes de grande violence. Certains ont même appelé ces périodes de grande violence des « révolutions ». C’est étrange comme le mot révolution à une connotation positive dans l’imaginaire des gens.   Pourtant chacune de ces révolutions s'est terminée par un bain de sang. . Je pense à la Révolution Française, à celle de 1917 en Russie, à la révolution Culturelle en Chine. Ce qui est nouveau cependant aujourd’hui  c’est de voir l’émergence de fondamentalismes religieux.   Les révolutions que je cite précédemment étaient plutôt des révolutions que je caractériserais du terme de « matérialiste ».  On n’y  prônait  plutôt la fin des religions qui étaient assimilées au pouvoir existant.

 Ce n’est pas par hasard qu’émerge aujourd’hui une forme d’extrémisme religieux. Le monde matérialiste dans lequel nous vivons à oublié le devoir des hommes en dehors de toutes croyances religieuses à être solidaires et fraternels les uns avec les autres.  L’ultralibéralisme et ce monde de la finance sont très largement responsables de l’émergence de ces mouvements extrémistes religieux.  Ils sont responsables à plusieurs titres. D’abord parce qu’ils les ont financés afin d’agiter un épouvantail antireligieux. L’idée étant de montrer que toute idée religieuse  mène au fanatisme. Bien évidemment ce monde de la haute finance n’à aucune envie que l’on parle de fraternité et de solidarité. Son rêve secret et de revenir à une époque où se côtoyaient sur la terre deux groupes d’individus : les élus et les damnés de la terre. Les élus étant des dieux et les damnés de la terre étant des esclaves.  N’oublions jamais que le capitalisme est né et a prospéré grâce à l’esclavage. La plupart de nos pays riches tiennent leur richesse et leur développement de cette période obscure de l’humanité. Bien sûr nous avions toujours des bonnes raisons d’envahir les pays que l’on considérait comme non civilisés afin de les piller au nom de la civilisation.  Comme vous pouvez le constater on commet toujours des crimes pour soi-disant un plus grand bien.  Bien évidemment ce sont des foutaises.

 L’arrivée du christianisme,  et quand je parle de christianisme je devrais plutôt parler de l’enseignement du Christ, a gêné terriblement les marchands.  C’est sûr que ce type fils de charpentier qui a proclamé que tous les hommes étaient frères a jeté un pavé dans la mare de tout ce petit monde de pseudo aristocrates qui n’étaient en fait que des privilégiés souvent héritiers des fortunes volées par leurs parents et grands-parents. Je souhaite bien évidemment distinguer l’enseignement du christianisme et l’Eglise.  L’enseignement du christ se fait par la lecture des Évangiles.   Nous n’avons pas besoin de porte-parole ni de représentants de cet homme qui était avant tout un homme.  Je n’ai jamais cru que cet homme était le fils de Dieu.  J’ai toujours pensé que cet homme était un sage est un philosophe.  Seule la philosophie permet de comprendre que nous sommes tous frères et sœurs d’un destin commun.  Seule la philosophie permet de comprendre ce qu’est l’injustice,  le mensonge, la mauvaiseté.

 Lorsque Nietzsche à la fin du XIXe siècle déclare  « Dieu est mort » il ne peut en aucun cas faire l’apologie du mal. Il s’attaque avant tout aux dogmes religieux et aux croyances inutiles qui empêchent l’homme d’être heureux ici-bas.   Nietzsche a très bien compris que si vous donnez à manger correctement à tout le monde. Si vous donnez aux gens plus de loisirs et les libérez un peu du travail,  alors ces gens oublieront le ciel pour vivre pleinement leur vie ici-bas.  Quand la vie ici-bas devient si difficile et si pénible que mourir semble une délivrance alors vous comprenez la genèse de l’extrémisme religieux.  Nietzsche appelait « nihilistes » ceux qui se privaient de vivre ici-bas pour espérer un au-delà meilleur. Nietzsche combattait la religion quand elle interdisait les plaisirs du corps et de l’esprit. Les plaisirs du corps et de l’esprit en effet empêchent d’espérer la mort bien au contraire ils la rendent redoutable.

 Avec l’émergence de la mondialisation et la fracture inégalitaire dans le monde il était normal d’observer l’émergence d’un extrémisme religieux. Même si le monde aujourd’hui dans sa globalité et moins pauvre qu’hier les inégalités ne font qu’augmenter.  La dégradation de plus en plus sensible du climat ne peut qu’aggraver la situation. Le monde occidental a contribué à détruire cette planète se fichant pas mal des autres. Encore une fois ce monde occidental à pillé,  volé,  violé  les pays les plus vulnérables sans jamais avoir à répondre de ses actes ignobles. Voici la dette que nous payons aujourd’hui. Je ne parle pas de la dette que nous avons vis-à-vis de ces salopards de créanciers mais bien de la dette morale que nous avons vis-à-vis du monde et des plus pauvres.

 Moi qui suis gérontologue, je ressens cette fracture inégalitaire aussi en France. Je vois combien la vulnérabilité est aujourd’hui considérée comme un poids et non pas comme handicap.  Nous souffrons dans notre société d’un manque pathologique de solidarité.

Si nous ne sommes pas capables dans les 10 ans à venir de changer de paradigme et de revenir vers un monde plus solidaire alors l’espèce humaine disparaîtra rapidement. Tous les anthropologues le savent.  La vie ne peut survenir que grâce à la solidarité. L’espèce humaine n’a pu survivre que grâce à la solidarité. Nous savons aujourd’hui que dans les tribus des hommes préhistoriques, dans ces tribus de chasseurs et de cueilleurs, celui qui revenait bredouille avait le droit de venir à table avec les autres. Un partage se faisait équitablement. Ces hommes au coefficient intellectuel faible en comparaison avec le nôtre aujourd’hui avaient compris qu’il fallait se montrer solidaire car le chanceux d’un jour pouvait être le malchanceux d’un autre jour. C’est par la mutualisation que nous arrivons à nous en sortir.

 Lorsque je vois l’émergence de ces groupes de transhumanistes  conduits par l’idéalisme égoïste de Google je me demande si finalement ils ne me font pas plus peur que les extrémistes religieux de l’État islamique.  En effet ces hommes et ces femmes rêvent d’immortalité.  Ils rêvent d’infini dans un monde qui est fini.  Ils pensent peut-être qu’ils vont pouvoir se débarrasser de tous les pauvres de la terre afin de pouvoir vivre une petite poignée sur une sorte de paradis retrouvé.  Si vous laissez une petite poignée de ces individus là ensemble, ils se tueront jusqu’au dernier.  Je compare ce phénomène un autre phénomène que je connais bien qui est celui d’oncogenèse. 

L ‘Oncogenèse est le phénomène de cancérisation d’une cellule. Pourquoi une cellule décide-t-elle un moment donné de se montrer non solidaire avec le reste de la communauté ? Comment et pourquoi décide-t-elle d’échapper au système immunitaire et de ne plus répondre à la règle générale ? Toujours est-il que ces cellules sont condamnées.  Elles rêvent d’immortalité dans un corps qui lui est mortel.  Elles finiront par se tuer en tuant leur environnement.  Même si je ne suis pas fan de comparer la biologie à la sociologie il n’empêche que la vie et la biologie est un exemple même de solidarité pour ne pas parler de synergie.

 Le monde capitaliste ultralibéral est un cancer.  Il mène à la destruction de notre environnement. Et à la destruction du sentiment de fraternité indispensable à la prospérité de notre espèce.

 Je terminerai en dissociant le religieux de la spiritualité. Malraux disait que le XXIe siècle serait spirituel ou pas.  Je suis intimement persuadé que nous pouvons nous passer de religion pour être heureux ici-bas mais qu’en aucun cas nous ne pouvons nous passer de spiritualité.  La spiritualité, comme le rappelle souvent André Comte-Sponville,  c’est la vie de l’esprit.   L’ultralibéralisme fait tout pour étouffer cette vie de l’esprit en la remplaçant par le divertissement.  Je définirais ma spiritualité par l’amour que j’ai à vivre ici-bas avec mes frères et sœurs humains.  Je me réjouis d’être mortel et je souhaite mourir avant mes enfants.  Je souhaite profiter au maximum de cette vie et passer le flambeau aux générations à venir sans avoir à rougir de l’héritage que je leur ai transmis.  Je suis pourtant très inquiet pour les années à venir car je vois émerger deux monstres.  L’ultra religieux et l’ultralibéralisme.  Je me souviens combien d’intellectuels à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle ont eu peur de voir l’arrivée de deux monstres : le capitalisme et le collectivisme.  Nous avons connu deux guerres au XXe siècle terriblement mortelles.  Je suis terriblement triste de voir que nous n’avons tiré aucun enseignement du passé.  Nous n’avons tiré aucun enseignement de la crise de 1929.  Nos hommes politiques sont tous vendus à la haute finance ou sont impuissants.

  Personne ne peut prédire l’histoire mais j’ai l’intuition que nous sommes à l’aube d’un grand changement. J’espère que grâce à la technique, des ingénieurs arriveront à provoquer des 11 septembre sans mort, en court-circuitant les disques durs de Goldman Sachs et en redistribuant les richesses aux nations les plus pauvres.   J’aimerais voir la panique sur le visage de ses banquiers cyniques.  Nous arrivons à la fin de l’économie telle que nous l’avons connue. Nous devons réinventer la monnaie et réinventer l’économie et les échanges.  Soit les occidentaux arrivent à devenir raisonnables en taxant les flux financiers et en aidant les pays les plus pauvres à sortir de la misère soit l’Occident périra sous les flammes.


 Nous arrivons vers cette période que les Grecs appellent « apocalypse » (révéler ce qui est secret ou caché).  Cette période viendra par la Grèce en sortant  de l’euro et en provoquant une énorme crise financière mondiale qui obligera les hommes politiques à enfin devenir responsables ou à périr la tête au bout d’un pic.

Un hommage à mon Maître Cornelius Castoriadis qui m'a donné la direction quand j'étais étudiant dans les années 80 à Paris. J'aimais parler avec lui et rire. Il me manque et il nous manque.

1 commentaire:

  1. Message de Marie-Helene K :
    Je suis d'accord avec vous sur les financiers. Ceci dit cette guerre contre la finance se passe sur une autre dimension que celle contre le terrorisme islamiste bien que ces deux fleaux soient lies, comme tout d'ailleurs. Il y a certainement des guerres secretes dont nous ne sommes pas *encore* au courant et qui influes sur les decisions de nos politiques (blackmailing economique, politique et personnel). Il y a des contre-feu intelligemment mis en place pour absorber les esprits rebellions et amortir leurs agressions. Aujourd'hui tout le monde sent que nous sommes en guerre. Comme le disait Valls ce matin sur Europe 1 "nous sommes dans une guerre de civilisation (s?)" et d'immediatement lancer l'habituel "pas d'amalgame" ;-). Ma naivete, ou bien le fait que je ne vive pas en France, m'incite a croire en notre gouvernement Francais, de gauche ou de droite d'ailleurs...

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